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Création d'entreprise

Ouvrir un cabinet de conseil en Suisse

Meta description: Créer une structure de consulting en Suisse : market overview, choix juridique, positionnement, tarifs, démarchage client, compliance. Guide complet.

Catégorie: Création d’entreprise | Mots-clés: ouvrir cabinet conseil suisse, créer société consulting, consultant indépendant suisse

Introduction

Chaque année, des centaines de consultants chevronnés, issus de grands cabinets (McKinsey, Accenture, Deloitte) ou d’expériences de startups, se demandent : faut-il créer ma propre boutique de conseil en Suisse ?

La question est attrayante. Suisse = économie prospère, clients fortunés, normes élevées. Clients suisses valorisent expertise locale et relations de confiance, davantage que prix. C’est fertile pour cabinets boutique.

Or, passer du salariat au statut indépendant, puis construire structure de cabinet (collaborateurs, processus, marque), est transition compliquée. Erreurs de positionnement, de tarification ou de go-to-market détruisent des projets prometteurs.

Chez CEM Consulting, nous accompagnons depuis plus de 10 ans consultants dans ce parcours. Ce guide synthétise expériences, bonnes pratiques et pièges à éviter.

Vue d’ensemble du marché suisse du conseil

Taille et dynamiques

Le marché suisse du conseil génère environ 3-4 milliards CHF annuels, répartis entre :
Grands cabinets internationaux (McKinsey, BCG, Bain, Accenture, Deloitte, PwC, EY) : ~60% du marché
Cabinets mid-tier (25-100 consultants) : ~25%
Boutiques spécialisées et consultants indépendants : ~15%

Ce dernier segment (boutiques et indépendants) croît régulièrement : +8-12% annuels. Clients apprécient agilité, coûts inférieurs aux grands cabinets, et spécialisation forte.

Secteurs porteurs en Suisse

Secteur Demande Raison
Digital & Transformation Très forte PME/PMI acceleration numérique, legacy modernisation
Énergie & Durabilité Très forte Neutralité carbone 2050 obligatoire en Suisse, transition énergétique
Private Banking & Wealth Forte Suisse center de gravité, consolidation, régulation renforcée
Life Sciences & Pharma Forte Hubs régionaux forts, R&D, réglementation
Audit & Compliance Modérée Marché tirer par régulation, mais très compétitif
RH & Organisationnel Modérée PME cherchent help en scaling, mais frein budgétaire
Finance & Restructuring Modérée Cyclique, dépend contexte économique

Conclusion : Digital, énergie et financial services offrent meilleures opportunités pour boutique nouvelle.

Caractéristiques clients suisses

Contrairement à France ou Allemagne, clients suisses :
Cherchent approche pragmatique, pas théorique. Résultats > concepts.
Forts en interne. PME suisses sont souvent techniquement competent. Besoin = perspective externe, pas de « nos pensons à votre place ».
Valorisent stabilité relationnelle. Changement frequent de consultant frustre.
Budget limité mais flexible pour ROI clair. Moins de budgets illimités. Mais si ROI demonstrated, allocation rapide.
Décisions consensus. Pas de décision top-down. Besoin de convaincre plusieurs stakeholders.

Architectures juridiques et fiscales

Option 1 : Consultant indépendant (travailleur indépendant)

Statut juridique : Pas de structure formelle. Activité en propre, inscription auprès des impôts.

Avantages :
– Zéro coûts de création/gestion
– Simplicité administrative (déclaration impôts direct)
– Flexibilité complète
– Idéal démarrage

Inconvénients :
– Responsabilité personnelle illimitée
– Couverture assurance RC faible
– Difficulté crédibilité (clients cherchent « structure »)
– Zéro scalabilité (pas d’employés légalement)
– Risques fiscaux si activité devient importante

Impôts : Vous êtes soumis aux impôts ordinaires sur bénéfices + cotisations sociales (AVS, LPP, LAMal) que vous payez partiellement vous-même (~10.5% de revenus approximativement).

Quand utiliser : Phase de test ultra-court (3-6 mois). Au-delà, créer structure.

Option 2 : Entreprise individuelle en nom personnel (EIRL)

Statut juridique : Entreprise formelle mais personne physique = exploitant. Inscription auprès registre commerce cantonal.

Avantages :
– Crédibilité >= indépendant seul
– Pas de capital social requis
– Responsabilité limitée partiellement (selon canton)
– Fiscalité avantageuse (réduction forfaitaire charges ~20%)

Inconvénients :
– Responsabilité encore substantielle
– Passif professionnel peut toucher patrimoine perso
– Limites de scalabilité (difficile intégration salariés)

Impôts : Réduction forfaitaire charges ~20% vs indépendant. Cotisations sociales idem indépendant.

Quand utiliser : Consultant solo cherchant légère formalisation. Bonne alternative « entre deux ».

Option 3 : Société à responsabilité limitée (SARL)

Statut juridique : Personne morale indépendante. Capital social minimal (CHF 20’000 min, souvent CHF 50’000+ pour crédibilité).

Avantages :
– Responsabilité limitée au capital (protection patrimoine perso)
– Crédibilité maximale (clients institutionnels demandent SARL/SA)
– Scalabilité : facilité intégrer salariés, associés
– Flexibilité fiscale (optimisations possibles)
– Marque crédible

Inconvénients :
– Coûts création (notaire, registre) : ~1’500-3’000 CHF
– Gestion administrative annuelle (comptabilité, filings)
– Impôts légèrement plus complexes
– Exigence capital immobilisé

Impôts : Bénéfice soumis impôt société (13-18% selon canton) + impôt personnel sur distribution dividendes. Avantage fiscal potentiel si bénéfice retenu.

Quand utiliser : Structure standard pour cabinet cabinet ambition >2-3 ans. Si clients institutionnels, quasi-obligatoire.

Option 4 : Société anonyme (SA)

Statut juridique : Structure plus formelle. Capital minimum CHF 100’000.

Avantages :
– Crédibilité maximale
– Scalabilité totale
– Possibilité cotation, levée capital

Inconvénients :
– Coûts significatifs (création, gestion)
– Gouvernance plus exigeante
– Overkill pour cabinet boutique solo/duo

Quand utiliser : Jamais pour cabinet conseil startup. SA pertinente seulement si levée capital prévue.

Recommandation CEM Consulting

Pour consultant débutant (0-1 an) : SARL dès le départ.

Rationale : Coûts création (2’500 CHF) rapidement amortis par crédibilité client. Clients sérieux (PMI, PME croissance) demandent SARL. Coûts gestion annuelle (comptabilité, filings) ~2’000-3’000 CHF, justifiés par facturation >150k CHF/an minimums.

Positionnement et spécialisation

Erreur classique : « Generalist advice everywhere »

Consultant nouveau sortant d’un grand cabinet pense : « Je peux faire stratégie, opérationnel, digital, RH, tout ! » Hors marché suisse petit, généralisme = invisibilité.

Problème : Impossible de se démarquer, tarifs comprimés, clients confus sur votre valeur réelle.

Positionnement gagnant : La spécialisation

Pensez vertical (industrie) + horizontal (fonction) = « sweet spot ».

Exemples gagnants :

Positionnement Raison
« Transformation digitale PMI manufacturières » Industrie + fonction claire, marché suisse niche, ROI obvious
« Private banking : stratégie digitale » Industrie Fortune (FS suisse dense), + fonction précise
« Compliance réglementaire pour PME financières » Légalement « must-have », budget dégagé, croissance portée
« Sustainability strategy pour PME » Tendance forte Suisse, essentiel, peu d’offre crédible
« Change management post-M&A » Expertise rare + ventes naturelles (M&A = deal-flow)

Cadre de positionnement :

Choisissez à l’intersection de trois dimensions :

  1. Industrie/secteur : Où avez-vous crédibilité/réseaux ? (Ex: FS, Tech, Manufacturing, Energie)
  2. Fonction/problématique : Quel problème spécifique résolvez-vous ? (Ex: Transformation, Stratégie, Compliance, RH)
  3. Taille client : PME <100M, Mid-market 100-500M, Corporate >500M ? (Choisir narrower = meilleur)

Exemple personnel : Si vous êtes ex-partner digitale d’une grande banque suisse, positioning optimal = « Digital Strategy pour Private Banks suisses <5mia AUM ». Vous êtes crédible, marché niche mais bien payant.

Go-to-market selon positionnement

PME (<100M CHF : Approche relation, réseaux. Prospection directe LinkedIn + events (chambers, associations).

Mid-market (100-500M) : Mix relations + brand. Partenariats conseil + événements industrie + content marketing.

Corporate (>500M) : Brand + partnership stratégiques. Peu de prospection directe.

Conseil : Démarrer avec PME/mid-market. Plus facile entry, compétition moins intense, marges bonnes.

Tarification : le juste équilibre

Erreur courante : Sous-tarification

Consultant quitte grand cabinet, croit devoir « réduire 30% vs cabinet » pour gagner clients. Erreur coûteuse. Clients associent prix bas = junior/fiable réduite.

Erreur inverse : Over-tarification

Croire que réputation du grand cabinet transfère. « Je facturais 250/heure chez McKinsey, j’en demande 200 indépendant. » Clients PME hésitent, boutique moins connue.

Modèles de tarification

1. Tarification horaire

Plage Suisse :
– Consultant junior/spécialisé : 150-200 CHF/h
– Consultant mid : 200-300 CHF/h
– Partner/senior : 300-450+ CHF/h

Avantages : Flexibilité, simplicité, bon pour missions ad-hoc.

Inconvénients : Incite client à réduire scope, crée friction (client compte heures), peu motivant pour consultant.

Quand utiliser : Missions courtes (<40 jours), advisory ponctuel, retainers.

2. Tarification au projet (forfait)

Plage : 20’000 – 150’000+ CHF selon envergure.

Structure typique : Estimation effort (jours) × taux journalier (~1’200-2’000 CHF/jour) × buffer 10-20%.

Avantages : Aligment avec client (même intérêt à efficacité), plus motivant, prix prévisible.

Inconvénients : Risque scope creep si contrat flou, prestige nécessaire pour négocier.

Quand utiliser : Projets bien-définis. Standard pour cabinet crédible.

3. Tarification au résultat (Value-based)

Modèle : Prix basé sur valeur créée (% d’économies réalisées, revenus générés, etc).

Exemple : Cabinet aide PME réduire coûts de 500k CHF. Fee = 20% de savings = 100k CHF.

Avantages : Alignement maximal, fee peut être haute si valeur claire.

Inconvénients : Complexe à structurer (contrats sophistiqués). Risque percevoir client. Convient expert affirmé seulement.

Quand utiliser : Cabinet mûr (>3 ans, réputations, références), secteurs où ROI cristallin (opérationnel, finance).

4. Retainer/Abonnement

Modèle : Fee mensuelle fixe pour disponibilité/support continu.

Plage : 2’000 – 10’000 CHF/mois selon seniority.

Avantages : Récurrence revenue, relation cliente stable, marges souvent excellentes (coût marginal faible après set-up).

Inconvénients : Exige relationnel fort, clients demandent réactivité haute.

Quand utiliser : Client stratégique, relation établie, problématiques permanentes.

Notre recommandation pour cabinet débutant

Année 1 : Forfait (project-based) + quelques heures retainer early adopters.
– Forfait : 20’000-80’000 CHF par projet (2-4 semaines effort estimé)
– Retainer : 1 client test à 3’000 CHF/mois

Rationale : Forfait plus facile à vendre (prix fixe rassure client), bon pour portfolio, crédibilité. Retainer commence petit, croît avec temps.

Année 2+ : Mix 50% forfait, 30% retainer, 20% ad-hoc horaire.

Acquisition client et démarchage

Stratégie de démarrage (Months 1-6)

Phase 1 : Activation réseau existant

Levier : Ex-collègues, amis, anciens clients.

Tactique :
– Coffee talks avec 20-30 ex-collègues/contacts. But = 2-3 leads directs + « keep you posted ».
– Approach : « Je lance cabinet en [secteur]. Si vous travaillez quelqu’un qui cherche help, je suis disponible. » (Pas vente agressive, permission-based.)
– Même réseau souvent génère 3-5 leads dans premiers 3 mois.

ROI : Excellent (coût ~0, conversion 30-40% lead → client souvent).

Phase 2 : Content + visibility

Levier : Blog, articles LinkedIn, interventions petits events.

Tactique :
– Écrire 1-2 articles/mois sur blog personnel (sujets problèmes clients)
– Partager sur LinkedIn (réseau 500-2000 contacts)
– Intervention petits events (chambers, associations, webinars) sans coûts
– But = être « top of mind » quand prospect se pose question.

ROI : Lent (délai 6-12 mois avant impact), mais rentable à terme.

Phase 3 : Partenariats (optionnel année 1)

Levier : Autres consultants, agences, cabinets complémentaires.

Tactique :
– Identifier consultants/cabinets travaillant clients similaires mais fonctions différentes.
– Proposer accord « co-référencement » : vous les recommandez à clients, vice-versa.
– Exemple : Vous = digital strategy, eux = tech implementation. Clients souvent besoin des deux.

ROI : Bon, build effet snowball au fil du temps.

Stratégie mid-term (Months 6-18)

Scaling content + brand

  • Augmenter fréquence articles (1-2/semaine)
  • Lancer newsletter propre (build list)
  • Participer à panels, conférences

Paid acquisition sélective

  • LinkedIn ads ciblant CEO/CFO de PME cible (budget modéré, 1-2k CHF/mois)
  • Google Ads si beaucoup de recherche « cabinet conseil [secteur] » (roi variable)

Référencement systématique

  • CRM dédié (Notion suffit) pour tracker prospects, réactivation
  • Réactivation trimestrielle : « Toujours intéressé ? »

Démarchage direct (via personne, email froid)

Approche : Si prospecte PME spécifique, appelle le CEO/COO directement.

Format email froid simple :

Objet : Question rapide sur [pain point evident dans leur industrie]

Monsieur/Madame,

J'ai repéré [observation spécifique sur leur industrie/contexte].
Je soupçonne que ça vous touche directement, et c'est problématique
si [consequence].

Je peux en 15 minutes vous poser 2-3 questions, juste pour diagnostiquer
si c'est réel. Sans engagement.

Libre [jour/heure]?

[Signature simple]

Taux réponse : 3-5% email froid vers PME. Appels directs après email = meilleur (20-30% rendez-vous si email setup bon).

Conformité, assurances, légal

Assurance responsabilité civile professionnelle (RC Pro)

Obligatoire : Fortement recommandée, quasi-obligatoire pour clients institutionnels.

Couverture typique : 1-2 M CHF couverture.

Coût : 2’000-5’000 CHF/an selon secteur.

Fournisseurs suisse : Helvetia, Allianz, AXA, Generali.

Contrats clients

Essentiel : Scope of work clair, timeline, responsabilités, IP ownership, confidentialité.

Conseil : Utiliser template professionnel (cabinet d’avocats ou modèle online), pas contrat manuscrit. Protect you légalement.

Durée négociation : 1-2 semaines typique avec client.

Facturation et paiement

Standard Suisse : Facturation sur liverable ou monthly (retainer). Terme paiement = 30 jours net standard.

Conseil : Exiger dépôt 30-50% avant démarrage (derisk cash flow). Solde à fin mission ou monthly.

Conformité données (RGPD, LDPI)

Si accès données clients, respect RGPD (si clients EU) et LPD suisse obligatoire.

Éléments clés : Data processing agreement, sécurité données, politique confidentialité.

Scaling du cabinet : passer du consultant solo à « cabinet »

Virage solo -> équipe (année 2-3)

Déclencheur : Vous êtes à 100% capacité, demande > offre. Clients demandent team pour projets plus gros.

Décision : Recruter premier consultant ou partner?

Option 1 : Recruter consultant junior

Profil : 2-5 ans d’expérience, technique solide, personnalité autonome.

Coût : 100-130k CHF/an salary (CHF 6-7k brut/mois) + charges ~30%.

Avantage : Flexibilité, lui gérer et remplacer. Moins complexe que partner.

Inconvénient : Vous devenez manager. Investissement temps importante (mentoring, feedback).

Quand : Vous avez 3+ projets / an de 40k+ CHF chacun. ROI : grossir clients, augmenter tarif, faire projets plus complexes avec team.

Option 2 : Recruter partner (50/50 ou equity)

Profil : Consultant expérimenté (>8 ans) avec crédibilité client, complémentaire à vous.

Accord typique : Equity 50/50 ou profit-sharing 60/40 basé contribution.

Avantage : Partage workload, risque, capital. Croissance rapide.

Inconvénient : Complexité gouvernance (décisions, conflits). Séparation difficile.

Quand : Vous avez portefeuille clients 300k+ CHF/an et besoin vraiment scale. Ou vous et person existant depuis 2 ans, trust fort.

Structuration interne

Investir en :
Processus : Templates propositions, méthodologies maison, onboarding clients.
Tools : Asana/Monday (gestion projet), CRM (base données clients), Notion (Knowledge base).
Brand : Website professionnel, lien LinkedIn optimisé, présentation deck maison.

Coût setup initial : ~3’000-5’000 CHF (website, tools annuels).

Culture et valeurs

Définir clairement :
– Valeurs du cabinet (« Excellence », « Pragmatisme », « Intégrité »)
– Mode opératoire (agile vs formal, directeur vs flat)
– Qualité standards (méthodologie, deliverables)

Raison : À mesure équipe grandit, culture devient attrait/rétention clé. Cabinet sans culture claire = problèmes RH.

Cas d’usage : trois trajectoires réelles

Cas 1 : Consultant digital ex-Accenture, solo puis boutique

Démarrage (M0) : Expert digital, 8 ans Accenture. Clients PMI manufacturières.
– Structure : SARL, capital 50k
– Positioning : « Digital transformation pour PMI suisses manufacturières »
– Tarification : Forfait 35-60k CHF/projet
– Go-to-market : Réseau ex-collègues + content LinkedIn

M6-12 : 4 projets vendus, revenue 180k CHF, marge nette 40% (après tous coûts).

M18-24 : Demande croît. Recrute consultant junior (exp 3 ans). Ensemble 6 projets/an, revenue 420k CHF, marge 35% (après salaire junior).

M36+ : Cabinet mature 2 consultants + lui. Revenue 600k+ CHF, marge 30%, niché et crédible marché.

Clé succès : Positionnement tight (manufacturières, digital seul) créé effet cluster. Clients réfèrent à réseaux industrie.

Cas 2 : Consultant blockchain/web3 post-startup, difficulté

Démarrage : Expert web3, lavé 4 ans startup Zurich. Vise « stratégie blockchain PME ».
– Problem : Marché suisse très immature web3. Peu PME intéressées.
– Tarification : 250 CHF/h (too high pour PME, over-positioned)
– Go-to-market : Conférences tech, LinkedIn posts. Niche très petit.

M6 : 1 projet vendus (consulting friend), revenue 35k CHF. Rest of time = business dev vain.

M12 : Pivoté repositioning : « Stratégie crypto pour Private Banks suisse ». Marché plus réel, clients FS intéressés.

M18 : 2-3 projets/an, stabilisé revenue 120k CHF. Marges comprimées, mais viable.

Learning : Marché/timing importants. Web3 prématuré PME suisse. Pivot FS judicieux.

Cas 3 : Consultant RH ex-Deloitte, scaling difficile

Démarrage : Expert RH transformation, 6 ans Deloitte. Positioning « RH transformation pour PME ».
– Problem : Positioning trop large. RH = fonction faible priorité PME (vs digital, finance).
– Clients : Mix PME petite demande + 1-2 clients corporate
– Tarification : Horaire 180 CHF/h car pas projet bien-défini, scope flou.

M6-12 : Revenue 80k, but marges terrible (30% après frais, temps admin énorme, clients demandent 15h/semaine support continu).

Pivot (M18) : Repositioning « Scaling RH pour PME croissance 20-50 salariés ». Plus niche (PME forte croissance), plus scope défini.
– New tarification : Retainer 4k CHF/mois + forfait annuel coaching management
– Clients : Cible PME VC-backed ou croissance organique forte

M24+ : Revenue 200k CHF, mostly retainer, marges 50%. Workload stable et prévisible.

Learning : Dans RH (soft), définir marché/besoin clair quasi-obligatoire. Généralisme = prix compression + work overload.

Pièges et erreurs à éviter

Erreur 1 : Choisir secteur par intérêt, pas marché

Piège : « J’aime la durabilité, je fais consultant sustainability! »

Réalité : Intérêt ≠ marché payant. Sustainability fashion mais adoption réelle lente PME. Clients corporate = budget limité (shared service, pas consulting fort).

Bonne approche : Choisir secteur : (a) forte demande, (b) budget dégagé, (c) vous avez crédibilité. Et seulement ensuite alignez intérêts si possible.

Erreur 2 : Under-price pour « gagner traction »

Piège : « Je vais facturer 30% moins qu’Accenture pour gagner clients, puis augmenter tarifs après. »

Réalité : Clients restent price-anchored. Augmentation = friction, clients cherchent ailleurs. Rarement ça marche.

Bonne approche : Tarifier juste dès jour 1. Valeur = confiance. Discount = perception qualité réduite.

Erreur 3 : Pas de contrat clair avec client

Piège : « Commençons par les discussions, contrat après. »

Réalité : Scope creep, miscommunications, non-paiement, disputes.

Bonne approche : Contrat minimal avant démarrage. Scope of work, timeline, deliverables, payment terms.

Erreur 4 : Être trop disponible (consultant-piégé)

Piège : Client demande 20h/semaine support, vous faites 20h/semaine. Reste 0h business dev. Revenue stagne.

Réalité : 1 client = risque existentiel. Need = pipeline continu.

Bonne approche : Même client payant, capper heures à ~50% capacity. Reste 50% = business dev continu.

Erreur 5 : Oublier « business » en tant que « consultant »

Piège : Vous adorez problèmes techniques clients. Vous oubliez pipeline, cash flow, marge.

Réalité : Cabinet = business. Consultant technique = métier, pas tout. Habiletés commerciales nécessaires.

Bonne approche : Même expert technique, investir temps business (sales, marketing, finance). Ou trouver co-founder commerciaux.

Checklist : lancer cabinet conseil Suisse

Avant le lancement (M-3)

  • [ ] Positionnement défini (secteur + fonction + taille cliente)
  • [ ] Competitive landscape analysé (qui d’autre, quoi faire différent)
  • [ ] Pricing model choisi (forfait, horaire, retainer mix)
  • [ ] Structure juridique décidée (SARL ou autre)
  • [ ] SARL créée si applicable (notaire, registre)
  • [ ] RC Pro assurance souscrite
  • [ ] 2-3 contrats clients template rédigés
  • [ ] Business plan simplifié (~5 pages)

Lancement (M0-1)

  • [ ] Website minimaliste live (landing page + about + contact)
  • [ ] LinkedIn profil optimisé + headshot professionnel
  • [ ] CRM setup (Notion ou autre)
  • [ ] Email signature professionnelle + domain perso
  • [ ] Facturation tool setup (Facturee, Bexio ou autre)
  • [ ] Comptabilité arrangée (comptable part-time ou cabinet)

Go-to-market (M1-3)

  • [ ] 20-30 personnes réseau contactées pour coffee talks
  • [ ] 1er article/blog posté
  • [ ] LinkedIn newsletter started
  • [ ] 1er appel qualification avec prospect actuel

Scaling (M3-6)

  • [ ] 1er client vendus + contracté
  • [ ] 2ème article posté
  • [ ] LinkedIn content régulier (1-2x/week)
  • [ ] Partenariat 1-2 consultants complémentaires identifiés

Conclusion

Lancer cabinet de conseil en Suisse = parfaitement réalisable, si vous comprenez marché, vous positionnez tight, tarifez juste et investissez business dev.

Les quatre piliers :

  1. Positionnement (secteur + fonction) clair = visibilité, crédibilité, capacité à tarifer
  2. Tarification juste dès jour 1 = perception qualité, marge saine, évite price wars
  3. Go-to-market pragmatique = réseau d’abord, content après, scale lentement
  4. Structuration minimale (SARL, contrats, process) = scaling possible

Erreur courante = croire que expertise technique suffit. Faux. Business skills (ventes, marketing, gestion financière) aussi critiques.

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Article rédigé par CEM Consulting, cabinet de conseil en création d’entreprise et entrepreneuriat basé à Genève. Nous accompagnons consultants et entrepreneurs depuis 2010.

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